EDITO:L’AFRIQUE GAGNE LE PARI DE LA PARITÉ.

Écrit par Afrik-Inform. Publié dans Société

Le Rwanda fait figure d’exception, car il est le premier et le seul pays au monde dans lequel plus de la moitié des parlementaires sont des femmes...

 


L’AFRIQUE GAGNE LE PARI DE LA PARITE

La femme disait Simone de Beauvoir n’est victime d’aucune mystérieuse fatalité. Ses ovaires ne la condamnent pas à vivre éternellement à genoux. Le thème 2017 de la Journée internationale des femmes (JIF) « les femmes dans un monde du travail en évolution : pour un monde 50-50 en 2030 » remet le débat au gout du jour. La célébration organisée par les Nations Unies le 8 mars rappelle à tous les acteurs de franchir le pas pour l’égalité entre les sexes pour un monde 50-50 d’ici 2030, en faisant en sorte que le monde du travail accueille toutes les femmes. L’égalité homme, femme en Afrique est en nette progression. Et le Rwanda est un cas d’école.

Guy Hervé Fongang

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L’Afrique sur le chemin de la parité

L’évolution vers une plus grande égalité entre les hommes et les femmes est réelle sur le continent. Une tendance confirmée par le dernier rapport de la Banque africaine de Développement (BAD) .Si l’on se fie au classement mondial de la BAD, 32 pays africains enregistrent un indice supérieur à 50. En tête du classement figurent l’Afrique du Sud, le Rwanda, le Botswana ou encore la Namibie. En queue de peloton, des pays comme la Somalie, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Tchad et la Côte d’Ivoire. Selon les dernières données fournies par la Banque mondiale, le taux de chômage des femmes est fixé à 10,6% contre 8,2% pour les hommes. Pour y remédier, certains pays ont pris des mesures, notamment dans le secteur le plus porteur sur le continent, l’agriculture, qui emploie 70% de la population africaine. Au Botswana et au Malawi, des programmes d’autonomisation économique des femmes ont été adoptés. Ils visent à améliorer l’accès des femmes à la formation et à les aider dans leurs créations d’entreprises. En Afrique, les femmes représentent en moyenne 22 % des parlementaires. 19 pays africains franchissent la moyenne mondiale établie à 22,4 %. En tête du classement, le Rwanda, la Namibie, le Sénégal ou encore la Tanzanie. Le Rwanda fait figure d’exception, car il est le premier et le seul pays au monde dans lequel plus de la moitié des parlementaires sont des femmes. La femme bien  que consciente de ses droits  n’est pas en mesure d’en revendiquer la jouissance ni dans le cercle du mariage  pire encore au sein des institutions civiles et politiques dans nos sociétés africaines. Celles qui ont le courage de s’en prévaloir sont tout de suite taxées de féministes,  d’émancipés, d’orgueilleuse, utopistes (...). L’émancipation qui sous d’autres cieux, tel qu’en occident qui pourrait se traduire comme un développement positif de la femme sur le plan  psychologique, sa capacité à s’assumer et accepter sa condition indépendamment de l’homme est apprécié de manière négative en Afrique.  

8 mars le combat pour l’égalité.

Au commencement était la Révolution française, lorsque les femmes débutent leur combat pour la protection sanitaire, l’accès à l’éducation primaire, le droit de vote et le droit au travail. Olympe de Gouges rédige la Déclaration des droits de la Femme et de la citoyenne en 1791, tentative réduite à néant par le code Napoléon qui stipulait l’exclusion totale de la femme de la vie politique. Les premiers changements voient le jour en 1848 dans l’Etat de New York puis, une chose en entraînant une autre et à la demande du parti socialiste d’Amérique, le National Woman’s Day est fêté pour la première fois le 28 février 1909, suivi de la célébration de la première journée internationale de la femme le 19 mars 1911. Le 8 mars 1917, au début de la Révolution russe, les femmes de Petrograd manifestent, entérinant la date du 8 mars. Celle-ci sera par la suite officialisée par l’ONU. Fêtée pour la première fois il y a 100 ans, la Journée Internationale de la Femme s’est transformée en une célébration mondiale des combats passés et des réussites des femmes.

En 1945, la Charte des Nations Unies est devenue le premier accord international à affirmer le principe d’égalité entre les femmes et les hommes et célèbre la Journée internationale de la femme depuis 1975. L’UNESCO, à son tour, en tant qu’agence chef de file pour l’Education, la Science et la Culture, a nommé l’égalité des genres comme l’une de ses deux priorités globales.

Cette année, le thème de l'ONU pour la Journée internationale de la femme est « Planète 50-50 d'ici 2030 : Franchissons le pas pour l'égalité des sexes » Malgré les énormes progrès réalisés depuis 1975, les femmes sont encore sous-représentées dans un trop grand nombre de secteurs de la société, compromettant les progrès et le développement durable. Les inégalités limitent la créativité et le talent et étouffe l'inclusion et le pluralisme. Cela n'affecte pas seulement les femmes - il affaiblit le tissu même des sociétés.

PARITE HOMME FEMME : UNE PRIORITE AFRICAINE

The Global Gender Gap Report classe le Rwanda à la sixième position mondiale d’égalité sur les 145 pays qui figurent dans le classement. Le rapport se fonde sur plusieurs critères rassemblés en quatre grands chapitres : l’accès aux soins de santé, l’accès à l’éducation, la participation économique (salaires, participation au marché du travail, fonctions dirigeantes) et la représentation politique. Le Rwanda devance ainsi plusieurs nations développées comme la France, l’Allemagne et les États-Unis. La Namibie (16è rang au plan mondial) occupe la deuxième place à l’échelle africaine, devant l’Afrique du Sud, le Burundi, le Mozambique, le Kenya, la Tanzanie, le Cap Vert et le Botswana. Le Zimbabwe ferme, quant à lui, le classement africain.
L’Afrique du Sud détient l’un des meilleurs taux d’égalité de genre en Afrique pour l’emploi salarié, hors agriculture

. La constitution de la Namibie garantit quant à elle, l’égalité devant la loi et le droit à la non-discrimination sur la base du genre. C’est une des rares constitutions à utiliser un langage neutre. Le Rwanda a instauré pour sa part, des quotas minimums des femmes dans la législature. Il est aujourd’hui le seul pays au monde où plus de la moitié (60%) des parlementaires sont des femmes. Ce qui a permis d’infléchir les politiques en faveur de l’égalité des genres, notamment en matière de droit foncier.