MAROC : PLUS DE 850 MIGRANTS REUSSISENT À PENETRER EN ESPAGNE APRES UN PASSAGE EN FORCE.

En quatre jours, plus de 850 migrants africains sont parvenus à pénétrer depuis le Maroc dans l'enclave espagnole de Ceuta et donc dans l'Union européenne en forçant la barrière frontalière, sur fond de tensions entre l’Union Européenne et le Maroc

 
Par Habib Hassan.
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La préfecture de l’enclave de Ceuta a indiqué que ce Lundi « vers 3H30 du matin (4H30 GMT), près de 600 migrants subsahariens ont tenté d'entrer à Ceuta » dont « 359 ont réussi ». Le porte-parole de la préfecture poursuit en disant que les migrants « sont entrés après avoir cassé les portes d'accès avec des cisailles et des marteaux » et « n'ont donc pas eu à prendre d'assaut la clôture grillagée de six mètres de haut. »
 
Leur entrée s'est produite, selon cette source, « dans la même zone difficile à surveiller » où vendredi, les autorités espagnoles avaient comptabilisé 498 migrants ayant réussi à passer sur 700 l'ayant tenté. Selon Isabel Brasero, porte-parole à Ceuta de la Croix-Rouge, il n'y a pas eu cette fois de blessés très graves parmi eux, avec seulement onze personnes ont été transférées à l'hôpital pour des blessures légères.  Selon la préfecture, « deux gardes civils et un immigrant ont été soignés pour des blessures d'une certaine gravité ».
 
L'enclave de Ceuta constitue - avec celle de Melilla - la seule frontière terrestre entre le continent africain et l'Union européenne (UE) et la surveillance de ces huit kilomètres est exercée par l'Espagne et le Maroc. 
 
Tout ceci survient alors que le Maroc est en froid avec l’Union Européenne et a menacé à demi-mot de relâcher le contrôle exercé sur les migrants. Le différend porte sur l'interprétation d'un accord de libre-échange sur les produits de l'agriculture et de la pêche. Dans un arbitrage rendu fin 2016, la Cour de justice européenne a décidé que le Sahara occidental - ancienne colonie espagnole contrôlée par Rabat - n'était pas concerné par cet accord, son statut n'ayant pas été arrêté par la communauté internationale. Depuis lors, des associations soutenant le Front Polisario - qui réclame l'indépendance du Sahara occidental - contestent certaines opérations commerciales. Le ministère marocain de l'Agriculture avait prévenu le 6 février que l'Europe s'exposait à un "véritable risque de reprise des flux migratoires que le Maroc, au gré d'un effort soutenu, a réussi à gérer".