RDC – INONDATIONS : AU MOINS TROIS MORTS À LA SUITE DE PLUIES DILUVIENNES.

Kinshasa a été le théâtre d’une violente pluie qui a débouché sur des crues de cours d’eau de la capitale congolaise. Une situation qui a causé la mort d’au moins trois personnes.

Par Habib Hassan
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Situé dans le nord de la capitale de la République démocratique du Congo, le quartier GB, pourtant une des zones les plus chic et huppées de Kinshasa, mégapole d'environ dix millions d'habitants largement dépourvue d'infrastructures de voirie et dont l'immense majorité croupit dans la misère a du faire face à la fureur des eaux. Face à la colère du ciel, les habitants de GB par exemple se sont retrouvés pour une fois sur un pied d'égalité avec ceux des autres quartiers de la Cité, moins bien lotis.
 
A Bandalungwa, quartier majoritairement habité par des fonctionnaires ou des petits commerçants, la rivière Makelele a elle aussi quitté son lit. Mais les riverains, habitués à ces crues soudaines, sont parés : des empilements de sacs de sable ou des murets servent de digues devant les habitations. La rivière Kokolo, qui passe non loin, est brusquement sortie de son lit sous l'effet d'une pluie diluvienne commencée peu avant le lever du jour et qui a duré une bonne partie de la matinée.
 
Contraints de faire évacuer les détritus émergeant d'une eau boueuse noirâtre, au milieu de monceaux de cadavres de bouteilles en plastique en suspension qui s'amoncelaient devant leurs portes, des habitants ont laissé éclater leur colère contre les autorités congolaises qu’ils disent les avoir « abandonné » après les crues provoquées par des pluies torrentielles mardi matin à Kinshasa
 
Des habitants accusent certains de leurs voisins propriétaires, des "intouchables" au gouvernement, d'être responsables du drame qui vient de se jouer et pour eux, "ces inondations sont la conséquence de ces constructions anarchiques". En effet, des constructions en béton empiètent sur le lit du cours d'eau, qu'elles réduisent sensiblement, accélérant le débit en cas de crue. "L’État ne s'occupe pas de nous, mais ce sont les travaux effectués par les Chinois qui sont à la base de nos malheurs", accuse le porte-parole des occupants.
 
D’autres riverains pleurent une jeune vendeuse de pain, "mama" qui, selon leur témoignage, s'est noyée devant eux. "Elle tentait de traverser la rivière mais le puissant courant l'a emportée (...) Elle ne respirait plus lorsque nous l'avons sortie de l'eau", dit le sergent Pedro Masoya, soldat du camp militaire voisin, trempé jusqu'aux os. 
 
Selon un bilan provisoire des autorités locales, au moins deux autres personnes ont été tuées par les inondations mardi. De nouvelles inondations meurtrières sont redoutées lors des prochaines pluies.

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