NAMIBIE-ALLEMAGNE : LA NAMIBIE PORTE PLAINTE CONTRE L'ALLEMAGNE POUR GÉNOCIDE

Dire que les africains osent de plus en plus faire face à leurs anciennes puissances colonisatrices est un euphémisme. Car de plus en plus d’africains osent affronter fermement certaines puissances pour revendiquer le respect de leur dignité.

Dalvarice Ngoudjou

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La dernière en date,la décision des namibiens de déposer un recours cette fin de mois de février 2017, pour génocide contre l’Allemagne devant la justice américaine.

En effet, des associations des Hereros et Namas namibiennes viennent d’introduire un recours collectif contre l’Allemagne devant le tribunal de New York. Une plainte qui vise à obtenir réparation pour le génocide perpétré dans le pays par les allemands durant la période coloniale. L’Allemagne et la Namibie sont, rappelons-le, en négociation pour élaborer une déclaration commune car Berlin compte s’excuser pour les massacres commis lors de la période coloniale.

Sauf que le gouvernement allemand compte se limiter aux excuses et n’envisage pas le versement de dédommagements. Les populations concernées n’entendent pas lâcher prise. Dans les faits ce génocide dont on ne parle que très rarement s’est déroulé en deux phases et a essentiellement touché les Herero et les Nama, même si d’autres groupes namibiens sont tombés victimes des Allemands. Au total, on estime que 80 % des Herero et la moitié des Nama, soit 75000 hommes, femmes et enfants, ont perdu la vie. L’engrenage des événements qui a conduit au génocide commence en janvier 1904, quand les colons allemands ont répondu par la force à une “insurrection” locale des Herero à Okahandjia. Une guérilla s’ensuivit,la majorité des Herero s’est réunie sous la bannière de Samuel Maharero, et s’est réfugiée sur le plateau de Waterberg. La première étape du génocide commença avec l’arrivée de von Trotha (reputé raciste et anti noir chronique), qui ne laissa aucune place pour la négociation : il encercla le plateau de Waterberg et lança l’attaque. Après la proclamation de l’ordre de destruction, les soldats allemands ont commencé à tuer des civils, dont et surtout les Herero qui n’avaient pas pris part à la guerre. Quand l’ordre a été annulé à la fin de décembre 1904 à la suite des pressions des missionnaires, la seconde étape du génocide, certainement la plus mortelle, commença : les Herero survivants ont été cernés et envoyés travailler dans des camps de concentration. Les prisonniers, déjà largement épuisés par leur fuite dans le désert, ont été utilisés comme travailleurs forcés, tout particulièrement pour la construction du nouveau chemin de fer. Mal alimentés, mal hébergés, mal vêtus, des milliers sont morts d’épuisement, de malnutrition et de maladie. L’Allemagne est prête à présenter des excuses mais refuse tout dédommagement et justifie cette orientation par l’aide au développement versée à la Namibie depuis son indépendance en 1990.Ceci faisant penser au génocide contre les juifs qui survient lors de la deuxième guerre mondiale et dont les victimes bénéficient toujours de dédommagements jusqu'à nos jours. Mais quand il s’agit d’un génocide perpétré sur des peuples africains on essaie de trouver les subterfuges.