ZIMBABWE : UN MUGABE PIMPANT FETE SES 93 ANS.

 
Le plus vieux dirigeant en exercice de la planète, le président zimbabwéen Robert Mugabe, vient de célébrer ses 93 ans en répétant sa ferme intention de continuer à diriger son pays malgré le poids de plus en plus évident de son âge.
 
Habib Hassan
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Comme de tradition depuis des années, Robert Mugabe, chef de l'Etat du Zimbabwe a soufflé ses 93 bougies lors d'une cérémonie très "select", réservée à ses seuls ministres et proches collaborateurs, pendant que les médias d'Etat l'inondaient de messages de félicitations. Il a réservé sa seule apparition publique à la radiotélévision d'Etat, sous la forme d'un long entretien où il est apparu très fatigué et bredouillant, mais déterminé à garder les rênes du pays. « La majorité des gens pensent qu'il n'y a personne pour me remplacer », a-t-il assuré, affalé dans un fauteuil. « Si je pense que je ne peux plus le faire, je le dirai pour que mon parti me remplace. Mais pour le moment, je ne pense pas pouvoir dire ça », a poursuivi le doyen Mugabe.
 
Toute la journée les médias officiels ont rivalisé de compliments et de louanges à l'endroit du maître absolu du pays. Le quotidien The Herald a d’ailleurs publié 24 pages pleines de messages de félicitations de ministres et de proches du régime, alors que la radio et la télévision inondaient leurs ondes de chansons à sa gloire. Le ministère de la Défense a pour sa part publié un message célébrant son « leadership sage et visionnaire ».
 
Après ce hors d'œuvre très privé, le clou des réjouissances pour l'anniversaire est prévu samedi, sous la forme d'un banquet offert à des milliers de partisans dans le parc national de Matopos, en périphérie de la deuxième ville du pays Bulawayo (sud).
 
Les réceptions offertes par Mugabe à l’occasion de son anniversaire alimentent chaque année la polémique. Pour son 92e anniversaire, il avait servi à ses invités de la viande d'éléphant, de buffle et d'antilope à profusion, ainsi qu'un énorme gâteau de 92 kilos. Coût total des festivités, selon la presse, 800.000 dollars... pas grand-chose.
 
Né le 21 février 1924 dans ce qui était encore la Rhodésie du Sud, une colonie britannique, M. Mugabe était instituteur quand il a rejoint les rangs de la rébellion contre la minorité blanche au pouvoir. Il s'est installé aux commandes à l'indépendance en 1980, pour ne plus jamais les quitter. Pendant ses trente-six ans de règne, le Zimbabwe s'est terriblement d’après les occidentaux appauvri et traverse aujourd'hui une profonde crise économique qui suscite la grogne croissante de la population, aussitôt réprimée par une police omniprésente. Mais cela n’a pas empêché en décembre dernier, son parti de le désigner pour briguer un nouveau mandat lors du scrutin présidentiel de 2018.
 
"La majorité des gens pense qu'il n'y a pas de remplaçant, pas de successeur acceptable à leurs yeux", a plaidé Robert Mugabe lors de son entretien télévisé. L'homme fort du Zimbabwe s'est jusque-là toujours gardé de désigner publiquement un dauphin. Il a toutefois laissé entrevoir sa préférence pour son épouse Grace, 51 ans, une des favorites de la course à la succession. « Elle est très acceptable. Et très acceptée par le peuple », a-t-il lâché. En retour d’ascenseur, la première dame, malgré plusieurs chutes en public de Mugabe qui ont fait planer le doute sur ses capacités a déclaré à propos des élections de 2018 que « son cadavre sera candidat sur les bulletins de vote et vous verrez les gens voter pour le cadavre de Mugabe ! »