SENEGAL – JUSTICE : UN DEPUTE CONDAMNE POUR COUPS ET BLESSURES

Barthélémy Dias, député sénégalais et maire d’une commune de Dakar, a été condamné ce jeudi à deux ans de prison, dont six mois ferme, pour "coups et blessures volontaires" lors de violences politiques meurtrières en 2011 à Dakar. Il avait utilisé une arme à feu pour abattre un homme lors d’une bagarre sanglante entre les opposants et les partisans du président Wade en 2011.

Par Habib Hassan

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Le parquet avait pourtant requis dix ans de prison à son encontre, mais Barthélémy Dias, du Parti socialiste (PS), membre de la coalition au pouvoir, est reparti libre du tribunal correctionnel de Dakar, puisque les six mois ferme sont couverts par la durée de sa détention préventive après les faits. Les avocats de M. Dias ont annoncé se concerter en vue d'un éventuel appel.

M. Dias, qui est également maire d'une commune de Dakar, était accusé d'être impliqué dans des violences politiques survenues le 22 décembre 2011 à Dakar entre des opposants et partisans du président de l'époque, Abdoulaye Wade, violences qui se sont soldées par un mort par balle et des blessés selon la police. Il avait été filmé faisant usage d'une arme à feu le jour des violences, et après son interpellation, avait alors invoqué la "légitime défense".

L'immunité parlementaire de M. Dias avait été levée le 11 novembre 2016, et son procès s'était ouvert le 1er décembre. Le jugement, mis en délibéré le 27 janvier, a été rendu jeudi en présence du prévenu qui n'a pas fait de déclaration. Il a quitté le tribunal après s'être entretenu pendant quelques minutes avec le maire de Dakar, Khalifa Sall, un de ses soutiens et membre de la direction du PS. Durant les plaidoiries, Barthélémy Dias a lié son procès à ses positions en faveur notamment d'un candidat du PS pour l'élection présidentielle de 2019 et sa proximité avec Khalifa Sall, probable candidat face au chef de l'Etat Macky Sall. Le tribunal ne s'est pas prononcé sur une éventuelle privation des droits civiques qui interdirait au député de se présenter aux élections législatives, fixées au 30 juillet 2017.