RDC - POLITIQUE: LE PAYS SERA CO-GÉRÉ PAR L'OPPOSITION ET KABILA JUSQU'EN DÉCEMBRE

L'accord négocié et signé in extremis samedi portant sur une cogestion du pays jusqu'à l'élection d'un successeur au président Joseph Kabila a été conduit sous l'égide de l'épiscopat. Il vise à sortir le pays de la crise politique née du maintien de M. Kabila à la tête de la RDC après l'expiration de son mandat le 20 Décembre dernier.

Par Achille ASSAKO

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Après un premier accord conclu en octobre entre le pouvoir et une frange minoritaire de l'opposition, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) avait réussi à réunir toutes les composantes de l'éventail politique à partir du 8 décembre. Dans l'accord du 31 décembre 2016, les parties ont convenu de maintenir M. Kabila, au pouvoir depuis 2001 et à qui la Constitution interdit de briguer un troisième mandat, à la tête du pays jusqu'à la tenue d'une présidentielle prévue à "fin 2017".

Pendant cette période de transition de douze mois, l'accord prévoit la création d'un Conseil national de transition (CNT) présidé par l'opposant historique Étienne Tshisekedi Wa Mulumba. Un nouveau Premier ministre issu du "Rassemblement", coalition regroupant la majeure partie de l'opposition et présidé par M. Tshisekedi. L'accord ne précise cependant pas à quelle date le CNT doit être mis en place, ni dans quel délai ce Premier Ministre doit être désigné. Dans une adresse à la Nation sur la télévision publique, M. Kabila a appelé à "la poursuite sans désemparer du processus électoral".

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Les évêques se sont déclarés "heureux" d'avoir réussi à trouver "un compromis politique inclusif" au sein de la classe politique, évitant au pays "le chaos". Le 20 décembre, au dernier jour du mandat de M. Kabila, la capitale Kinshasa et plusieurs autres villes ont été le théâtre d'affrontements meurtriers entre forces de l'ordre et jeunes hostiles à son maintien au pouvoir. Ces violences politiques et inter-ethniques ont fait, selon l'ONU, au moins 40 morts.

Le compromis politique du 31 décembre détermine l'avenir politique du président Kabila qui reste au pouvoir pendant la période pré-électorale et électorale. La majorité et la majeure partie de l'opposition ont donc accepté qu'à l'issue de son second et dernier mandat, M. Kabila ne briguera pas un troisième mandat. Les signataires ont également convenu que pendant la période de transition, "aucune tentative de révision de la Constitution ne sera entreprise".

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