COTE D’IVOIRE : LA COALITION AU POUVOIR CONSERVE LA MAJORITÉ A L’ASSEMBLÉE NATIONALE APRÈS LES LÉGISLATIVES

Malgré une régression dans ses scores comparativement à la dernière législature, la coalition soutenant le président Alassane Ouattara a obtenu la majorité avec 167 sur 254 sièges du Parlement ivoirien, lors des  récentes élections législatives annonce faite par la Commission Électorale Indépendante (CEI).

                                                                                                                                                                                                                          Habib Hassan

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"Les résultats du scrutin se présentent comme suit: ont obtenu RDHP (coalition au pouvoir) 167 sièges, Indépendants 75, UDPCI 6, UPCI 3 et le FPI (l'ex-parti de Laurent Gbagbo) 3. Le taux de participation étant de 34,10%", a déclaré le président de la CEI, Issouf Bakayoko. Dans le détail et d’après nos confrères de Jeune Afrique, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix, composé d’élus du PDCI et du RDR, a remporté 167 sièges sur 254 (et non 255 puisque la circonscription de Guiglo, où deux candidats n’ont pu être départagé devra réorganiser le vote). Une majorité certes confortable mais inférieure à celle de la dernière législature (en 2011, le RDR avait à lui seul remporté 121 sièges et le PDCI, 76, soit 197 députés RHDP au total). Surtout, avec 167 députés, le RHDP n’atteint pas cette fois la majorité des 2/3 de 170 sièges. Fait notable, si la majorité des cadors du RDR ont été élus ou réélus, trois ministres en fonction – Rémi Allah Kouadio (Environnement et Développement durable), Anzoumana Moutayé, (Artisanat et de l’Entrepreneuriat national) et Affoussiata Bamba-Lamine (Communication) – ont ainsi mordu la poussière. C’est également le cas de plusieurs barons du PDCI. Le recul de la majorité s’explique par la percée historique des indépendants – dont beaucoup sont des jeunes du PDCI et du RDR n’ayant pas été investis par la direction du RHDP. Ils sont désormais 75 (soit 29 % des sièges). Même si une partie venait à rejoindre leur famille politique, ces derniers ont aujourd’hui la possibilité devenir la deuxième force d’opposition à l’Assemblée. Avec 6 députés élus, l’UDPCI de l’ancien ministre des Affaires étrangères, Albert Mabri Toikeusse, aura également la possibilité de former un groupe parlementaire, au contraire de l’UPCI de Gnamien Konan et du FPI de Pascal Affi N’Guessan (tous deux élus). Pour ce dernier, le faible score des listes qu’il défendait donne une idée du rapport de force dans la bataille qui l’oppose à la frange dite « Gbagbo ou rien » d’Aboudramane Sangaré. Ce fidèle de Laurent Gbagbo avait appelé au boycott. Sa stratégie, que certains considéraient comme butée, en sort renforcée.