Cameroun: Port en eau profonde de Kribi

Avec la réalisation à plus de 95% dudit projet structurant, on en est à aborder la dernière phase après la désignation des concessionnaires devant assurer la gestion des divers terminaux dudit port.    

Patrick Clement Oyieh

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Imminente entrée en service                                                                                       

Si des incertitudes subsistent quant au démarrage effectif de l’exploitation du port en eau profonde de Kribi, il n’en demeure pas moins vrai qu’il viendra renforcer l’attractivité de notre économie et œuvrer effectivement à la relance économique tant souhaitée pour la réalisation à date de notre émergence. Mais si le choix des concessionnaires achoppe quelque peu en raison des batailles d’intérêts divers, tous s’accordent de ce que ce sera l’investissement le plus marquant de l’ère Biya, tant il est vrai qu’il participera à coup sûr de la réduction attendue de la dilution de la dépendance budgétaire à l’égard des recettes pétrolières, mais aussi et surtout de la relance des échanges commerciaux desservis depuis peu par la congestion du port de Douala,  qui met inéluctablement à mal armateurs, acconiers, commissionnaires agréés en douanes…et bien d’autres professionnels du secteur des opérations maritimes.

Bien plus, ce port de «troisième génération» viendra restaurer et même doper la compétitivité de l’économie camerounaise au moment même où doivent être implémentés les accords de partenariat économique. Suffisant dès lors pour comprendre que l’Etat mette littéralement les bouchées doubles, pour non seulement assurer davantage de fluidité du trafic, mais aussi et surtout améliorer significativement les recettes émanant de ce secteur pour disposer des coudées franches pour la pleine réalisation de notre plan d’émergence, celui-là même qui viendra combler bien de déficits.

Préalables

Et dans cette optique, le tout nouveau directreur général des douanes, se veut formelle «il est impératif que les différents acteurs de la chaîne logistique du futur port  s’engagent résolument dans un cadre formel de collaboration institutionnelle afin de réduire les délais et les coûts des transactions, améliorer, harmoniser et simplifier les procédures, dans le cadre d’une gestion coordonnée» a t’il confié à nos confreres de CT. Dès lors, en réunissant tous les ingrédients il deviendra plus aisé d’envisager une mise en exploitation garantissant à terme la pleine réalisation des objectifs qui lui sont assignés.

Objectifs participant aussi bien de la facilitation des procédures douanières que de l’amélioration des volumes de marchandises traitées, tant il est de mise que ledit port devra recevoir des navires gros porteurs, à l’instar qui l’y accosta le 8 juillet 2014, attestant par ailleurs du respect scrupuleux du délai de mise en œuvre de celui-ci. Certes, depuis lors on attend qu’un autre navire du même accabit accoste sur les berges de Mboro, localité de la ville de Kribi qui abrite le port en eau profonde en cours de finalisation. A preuve, la récente acquisition de deux navires remorqueurs baptisés «Roi Madola» et «Roi Mayesse», pour le compte dudit port, promis d’être l’un des plus importants sur la côte ouest-africaine. Surtout que la pluralité de ses activités intégrant également un terminal minéralier, un terminal hydrocarbures, un appontement fer, un terminal multipurposes… Alors que d’autres infrastructures seront construites dans le cadre de la seconde phase du projet, sous le modèle Bot (Build-Operate-Transfert).

Mobilisation financière

Au demeurant, la compétitivité attendue dudit port est assujettie à la réalisation d’infrastructures annexes pour en assurer la viabilisation. Il en est ainsi de la construction d’un tronçon sur le lot Bingambo-Kribi pour 37 milliards de Fcfa. Il en est de même de l’urgence du parachèvement de l’axe baptisé «provinciale n°18» reliant Yaoundé à Kribi sur 271 Km estimé à 77 milliards de Fcfa. Les représentants de la Banque Arabe pour le Développement ; du Fond saoudien de développement ; du Fond koweitien pour le développement économique arabe, ainsi que ceux du Fond de l’Opep et bien d’autres ont manifesté leur intérêt. Et au cours de la dernière réunion y aférenteil en ressorti qu’une vingtaine de ponts et divers ouvrages seront construits pour des financements évalués à 43 milliards de Fcfa pour lesquels les bailleurs investiront 37 milliards pendant que le Cameroun déboursera 6 milliards de Fcfa.

Et face à l’urgence desdites infrastructures, l’emprunt obligataire qu’a lancé l’Etat du Cameroun pour 150 milliards devra consacrer 25 milliards de F Cfa au port en eau profonde de Kribi plus que les barrages de Lom Pangar et de Memve’ele qui arrivent en seconde position avec chacun 15 milliards de F Cfa. C’est donc dire toute l’importance de ce projet qui arrive à terme et qui n’attend plus que son démarrage officiel, dans les tout prochains jours. Surtout qu’en matière de mobilisation de disponibilités financières, le ministre des finances, Alamine Ousmane Mey rassure l’opinion sur la solvabilité de l’Etat du Cameroun : «L’économie du Cameroun se porte bien. Le taux d’inflation annuel moyen est resté en deçà de 3% qui est la norme sur les trois dernières années, la dette publique dont le seuil est à 70% du budget est resté entre 11,6 et 16,3 sur les trois dernières années, et nous ne cumulons pas d’arriérés de paiement».