Le salaire des mariages forcés en afrique

La notion de mariage, en elle-même, ne pose pas réellement de problème de définition, soit une union légalement ou socialement (selon les pays) reconnue entre deux personnes, le plus souvent de sexes opposés. Dans le cadre français, le seul mariage reconnu et légal est le mariage civil, c'est-à-dire célébré à la mairie, avec le consentement libre et éclairé des deux futurs conjoints.

Par Patrick Clement Oyieh

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Le consentement, ou plutôt le non consentement, donc la contrainte, est la notion centrale de la problématique des mariages forcés. C’est pourquoi, aujourd’hui, la Fédération nationale GAMS, les institutions et les autres associations dénonçant cette forme de violences faites aux femmes et aux adolescentes, considèrent comme un mariage forcé toute union, qu’elle soit civile, religieuse ou coutumière, organisée par la famille, et dans laquelle l’une des deux personnes (parfois les deux) ont subi des pressions et/ou des violences afin de les y contraindre.

 

Les faits :

 

Une jeune fille de 17 ans, originaire de la volta region, au dans le sud du Ghana, a avoué avoir mis du poison dans la nourriture de l’homme qu’elle avait été forcée d’épouser, tuant par la même occasion trois autres personnes. Le mariage forcé des enfants est une pratique commune en afrique, particulièrement chez les peuples musulmans. Mais il est surtout une pratique sujette à controverses, qui propulse souvent les jeunes mariées dans un grand désarroi.

 

Ainsi, la semaine dernière, quand Wasilu Umar, jeune ghaneenne originaire de la volta region, au sud du pays, est contrainte par son père d’épouser un homme de 55 ans, elle se trouve à son tour désespérée par la situation. Les jours qui suivent la cérémonie, elle tente de trouver un moyen pour se libérer elle-même de cette union qu’elle ne veut pas. 

 

Profitant d’un repas auquel son nouveau mari avait convié une douzaine d’amis à célébrer son mariage, l’adolescente de 17 ans, prend des mesures drastiques, en glissant de la mort aux rats dans la nourriture. Mais le poison va non seulement tuer son nouvel époux, mais aussi trois autres personnes qui partageaient le repas, selon l’agence Associated Press. Dix autres convives ont par ailleurs été emmenés à l’hôpital.

 

L’adolescente n’a pas tardé à reconnaitre son crime, avouant à la police avoir tué ce mari qui avait plus du triple de son âge. « La suspecte a confessé son crime, justifiant les meurtres par le motif qu’elle avait été forcée à se marier avec un homme plus vieux dont elle ne voulait pas », a ainsi expliqué la police à l’agence AP. La jeune fille devrait être inculpée pour homicides par empoisonnement dans les prochains jours.

 

A qui la faute?

 

Autrement dit, le mariage forcé concerne aussi bien les filles que les garçons, même si pour les premières, les effets, comme le viol, leur sont spécifiques et que pour les seconds, la négociation est souvent plus aisée. Lors des entretiens avec ces jeunes filles ou jeunes femmes, il ressort clairement qu’elles ont été éduquées dans l’idée qu’un enfant (même devenu adulte), doit obéissance totale (souvent confondu avec le « respect ») à ses parents et à sa famille.