L'ANGOLA EST DEVENU PREMIER PRODUCTEUR DE PETROLE EN AFRIQUE DEVANT LE NIGERIA

C’est une nouvelle qui a surpris plus d’un dans le secteur des hydrocarbures : l’Angola a remporté en 2016 le titre de champion d’Afrique des producteurs de pétrole, devançant ainsi le Nigéria. 

Dalvarice Ngoudjou

Journaliste / Geostratege

Le pays du président Dos Santos a en effet dépassé le Nigéria en termes de production moyenne journalière : 1,775 millions de barils quotidiens sont  extraits  en moyenne chaque jour des champs angolais, contre 1,468 millions chez le géant d’Afrique de l’Ouest.

C’est suite à un accroissement de 8 800 barils de la production quotidienne effectif depuis juin dernier, mais aussi grâce aux attaques répétées de milices antigouvernementales sur ses infrastructures pétrolières du Nigeria. La production angolaise d’or noir couvre ainsi 90% des exportations du pays, la moitié de son PIB et 80% des recettes de l’Etat, plaçant le secteur des hydrocarbures au centre de l’activité économique et des ressources financières du pays.

C’est plutôt paradoxal car les revenus tirés de l’activité pétrolière n’ont pas suivi la tendance observée pour l’extraction : chaque baril exporté a rapporté 45,93 dollars à l’Angola, bien loin du pic des 100 dollars atteints en 2014, année depuis laquelle les cours internationaux du brut ont commencé à décliner.

Car avec un peu plus de 22 000 milliards de F CFA (40 milliards de dollars), les revenus de cette année sont supérieurs à ceux enregistrés en 2015, mais restent en dessous des chiffres de 2013.

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Ce pendant, ce triomphe pourrait être de courte durée, car l’Angola pourrait perdre sa place de leader d’ici peu. En effet, l’Opep – qui représente un tiers de la production mondiale – a finalement décidé en novembre, et ce après des mois de négociations,  à un accord sur la réduction de la production d’or noir: Les 14 membres du cartel se sont engagés à diminuer leur production de 1,2 million de barils par jour à compter du 1er janvier 2017, et les pays producteurs hors Opep à réduire la leur de 558 000 bpj.

Si l’Angola et l’Algérie, respectivement premier et troisième producteurs de pétrole de l’Afrique, se voient contraints de réduire leur production de 78 000 et 50 000 barils par jour (bpj), le Nigeria, en raison du contexte sécuritaire, est l’un des trois pays exemptés par l’accord de réduction de la production pétrolière mondiale.

Quelle qu’en soit la situation, il est impératif que les ressources générées par cette production pétrolière soient gérées avec parcimonie et prospective, ce qui n’a pas forcement été le cas dans les années précédentes.                                                                              

 Nous y reviendrons.

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